Nous vous proposons ici
une approche de cette médiation équine thérapeutique pas ordinaire, de son
histoire et de son environnement :
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Qu’est
ce que la thérapie avec le cheval ? Pour qui ? Les partenaires, le
cadre etc...
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Historique
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Comment
se différencient « thérapie avec le
cheval », « équithérapie » et « hippothérapie » ?
QU’EST CE QUE LA THERAPIE AVEC LE CHEVAL ?
Les
séances de thérapie avec le cheval, ne sont pas des moments d’acquisitions
équestres ni des séances de loisir, mais des temps d’accompagnement thérapeutique qui
sont prescrits ou indiqués par un médecin.
A QUI S’ADRESSE T’ELLE ?
Elles s’adressent à
toutes personnes, enfants, adolescents ou adultes en demande de soin, dans les
domaines de la pathologie physique ou mentale ou présentant des
difficultés psychiques (dépression, troubles des comportements alimentaires,
addictions, désorientation…), ou encore en rupture sociale.
Seuls des soignants, ayant déjà une
formation à l’écoute, à la relation d’aide et formés à la compréhension du
monde sensoriel et du comportement du cheval devraient être habilités à la
pratiquer. C’est pourquoi la FENTAC ne forme que des personnels de la santé ou
du médico-social.
LE TRAVAIL GLOBAL D’UN THERAPEUTE AVEC LE
CHEVAL ?
C’est lui qui garantit un
cadre rassurant et contenant, et assure, dans la sécurité, des séances thérapeutiques
individuelles ou de petits groupes au sein d’un centre équestre, d’un
poney-club, dans un centre spécialisé qui possède des chevaux et des
installations, ou dans ses propres installations parfois.
Il définit le projet avec
les personnes concernées (patient, famille ou institution), explique le
dispositif et le cadre au patient, à sa famille ou à l’institution. Il rédige
des rapports, des évaluations des progrès des patients.
Il travaille en réseaux
avec les médecins prescripteurs, les équipes de soins ou les équipes éducatives
qui suivent le patient, au cas où la demande de prise en charge émane de la
famille.
Ses séances sont adaptées de façon individualisée à chaque patient.
ET LE CHEVAL ?
Dans ce contexte de soins, le cheval est utilisé en tant que médiateur
de la relation, c'est-à-dire sujet d’intérêt partagé par le patient et le
thérapeute, sujet qui les rapproche mais qui les différencie aussi.
C’est le thérapeute qui introduit le cheval auprès du patient et le
patient après du cheval. Ce dernier est très souvent présenté non harnaché (pas
de selle, pas de filet et mors, avec juste un licol), c'est-à-dire libre dans
ses mouvements, car il doit être un réel
partenaire qui a son rôle à jouer. Son statut d’être vivant, de sujet animé est
exploité dans toutes ses dimensions.
Les chevaux sont des animaux grégaires qui apprécient le contact avec
les hommes et sont curieux de nature. Nous utilisons donc ces compétences pour
leur laisser parfois l’initiative de renouer une relation coupée ou suspendue,
en les laissant, par exemple se déplacer, et venir sentir (renifler) le
patient qui s’est éloigné.
COMMENT AGIT LE THERAPEUTE AVEC LE CHEVAL ?
Les temps de travail à pied autour du cheval seront privilégiés, que ce
soit lors du pansage (brossage des poils, nettoyage des sabots), d’un travail
en liberté dans un manège ou de déplacements à pied dans un espace balisé, le
cheval mené à la petite longe, par exemple.
Suivant le projet, l’existence ou non de contre indications et le désir
du patient, ce dernier pourra ou non
monter sur son cheval. D’autres
approches peuvent être proposées : travail aux longues rênes, travail en
voltige adapté, attelage et aussi, temps de rencontre dans le troupeau de
chevaux en pâture. …
Dans
tous les cas, les thérapeutes s’attachent non pas à la réduction du déficit ou
des symptômes mais à la répercussion psychique de ces troubles ou handicaps,
qui fait de la personne un sujet unique dans sa façon d’appréhender son corps
et dans sa manière d’être en relation au monde et à l’environnement.
Le thérapeute avec le cheval offre à ses patients un ou plusieurs
espaces (le box, le pré ou le manège, par exemple) et des situations de
rencontres et de relations dans lesquelles ces derniers vont pouvoir vivre des
expériences corporelles, émotionnelles et relationnelles avec les partenaires
en présence (cheval, thérapeute, autres membres du groupe, voire les parents
dans un travail mère ou père - enfant ).
Il part du désir et de l’initiative des patients à interagir avec le
cheval et son environnement, dans un véritable processus d’accompagnement. Il
respecte la façon singulière que chaque patient adopte pour rencontrer l’animal
et le temps qu’il lui faut pour les différentes étapes. Les expériences de ces
derniers sont prises en compte par le thérapeute qui est à même, de par sa
formation, d’en restituer un sens sous forme de messages corporels ou
langagiers, qu’ils soient interprétatifs ou non.
Le cheval est un être vivant ; le patient se reconnaît en lui, car,
lui aussi, a des besoins qui doivent être satisfaits : boire, manger,
dormir, se reposer, s’exprimer : se rouler, s’ « amuser »
et se défouler en galopant en liberté ; il a aussi besoin de
contacts : il vient vers lui ou s’en éloigne, le suit dans ses déplacements,
etc.
Les situations corporelles, analogiques aux vécus précoces sont
recherchées et proposées. S’occuper d’un cheval, le soigner, peut être
l’occasion de comprendre la façon dont les soins ont été prodigués et surtout
vécus par le patient ; le fait d’être porté, d’être en contact direct avec
le poil du cheval, son odeur, sa chaleur, les balancements provoqués par le pas
(allure privilégiée dans une thérapie), peuvent lui rappeler des moments
initiaux de sa vie. Entouré et accompagné de façon proche par le thérapeute, le
patient peut se laisser aller à les revivre, dans la sécurité, pour ensuite se
reconstruire et se structurer de façon plus harmonieuse.
Les processus d’attachement sont
à l’œuvre. Au fil des séances et des interactions qui se nouent, un accordage
entre le patient / le cheval / le thérapeute se réalise, permettant la
restauration d’un lien d’attachement sécure. La communication se rétablit dans
une quête de compréhension mutuelle. C’est pourquoi il est important que le
thérapeute laisse l’initiative motrice au patient. Son attitude bienveillante
aidera à l’expression spontanée et
l’authenticité de celui dont il s’occupe. L’espace thérapeutique vécu comme « base de sécurité »
abaissera le taux d’angoisse, notamment
lors des séparations. Le patient pourra se réaliser et se reconstruire.
L’objectif de cette thérapie est de permettre des réaménagements
physiques et psychiques grâce à des
expériences corporelles et relationnelles différenciées mais toujours ajustées
au stade de développement psychomoteur et psychoaffectif du patient.
Le
thérapeute privilégie une méthodologie de l’ « être avec » et
non du faire, ce qui le distingue des approches pédagogiques.
Comment se différencient « thérapie avec le cheval »,
« équithérapie » et « hippothérapie » ?
LA THERAPIE AVEC LE
CHEVAL :
Nous nous retrouvons aussi dans les travaux et
théories :
v Thérapie :
La thérapie avec le cheval constitue une ouverture supplémentaire qui vient
s’ajouter à l’ensemble des possibilités thérapeutiques, dont le but essentiel
est d’améliorer ou guérir, ou de conserver des acquis.
Elle
doit être conduite obligatoirement par des personnes formées aux soins, à
l’écoute à la relation d’aide.
C’est pourquoi la formation qui est
dispensée à la FENTAC s’adresse uniquement aux personnes ayant déjà un diplôme
émanant du ministère de la santé, que ce soient des médecins, psychologues,
psychomotriciens, orthophonistes, éducateurs, etc. Elle est en fait une spécialisation
à un métier de soignant.
Elle est soumise, comme tout autre
thérapie, à une prescription médicale .
Thérapie veut dire cadre
thérapeutique, tant physique (le dispositif) que cadre psychique, qui se doit
d’être contenant, enveloppant , permettant l’expérience des éprouvés
corporels et l’émergence d’émotions qui leur sont liées.
Mais nous tenons à dire qu’ il n’y a pas de cadre modèle. Chaque
équipe ou chaque soignant met en place le cadre qui convient, en fonction des
pathologies et des projets thérapeutiques.
Le
thérapeute est garant de ce cadre et se doit de respecter cette rencontre
singulière qui va permettre de tisser des liens entre les 3 protagonistes.
L’expression des émotions passent
souvent par des substrats corporels comme les attitudes, gestes, tonus,
regards, utilisation de l’espace (éloignement/rapprochement), manifestations
végétatives ; elles sont prises en compte par le thérapeute qui est à-même
d’en restituer un sens sous forme de messages corporels ou langagiers.
C’est
grâce à ce feed-back que la relation transférentielle s’établira dans une
véritable relation triangulaire.
Le
thérapeute accueille les symptômes de ses patients sans chercher directement à
les réduire. Son attitude est faite d’empathie, de congruence (Carl Rogers).
v Avec :
et non pas par ou sur, car l’objectif n’est
pas forcément la monte. C’est pourquoi il est
accordé beaucoup d’importance aux rencontres à pied, qu’elles se
déroulent avec un cheval en liberté dans un manège ou durant le pansage dans le box ou à l’attache, temps encouragé,
jamais négligé. Nous pointons de ce fait, l’importance des connaissances
éthologiques que doivent acquérir les soignants . Nous accordons ainsi plusieurs modules dans la formation
à la connaissance du cheval sous cet angle là et au travail à pied en
interaction avec le cheval, puisque le thérapeute , très souvent, mais pas
toujours, est à terre, et non à cheval.
v Cheval :
à la place d’équitation, car l’équitation avant tout,
c’est la monte. Le cheval est un animal grégaire qui, ayant besoin d’une vie
social, autorise les contacts corporels qu’il apprécie.
Il réunit les qualités nécessaires à
la pulsion d’attachement décrite par M. Harlow (éthologue) et M. Bowlby (psychanalyste), qualités qui
sont chaleur, odeur, douceur, bercements , fondamentales pour le développement
harmonieux de l’enfant .
En thérapie, le cheval est le
médiateur vivant de la relation entre le patient et le thérapeute.
Les techniques de prise en
charge sont variées.
Elles sont à différencier des activités ou
techniques équestres. En thérapie, pas de notion de compétition, pas
d’apprentissages équestres spécifiques.
En conclusion :
La
Thérapie avec le cheval est une thérapie corporelle, au départ, qui propose des
possibilités de régression dans une dynamique évolutive de réaménagement des
fonctions psychiques et physiologiques. Ce remaniement des modalités psychiques
s’appuie sur des expériences corporelles que la thérapie avec le cheval induit
largement.
Elle
introduit petit à petit l’imaginaire et le symbolique, aboutissant à une
communication passant par la réalité. Elle vise au remaniement des modalités
relationnelles, de la communication à soi, à autrui, au monde extérieur.
L’EQUITHERAPIE :
Terme générique pour toute action d’équitation à visée thérapeutique.
L’HIPPOTHERAPIE :
Terme
international qui définit la rééducation fonctionnelle avec le cheval .
Nos
amis belges l’utilisent comme un équivalent d’équithérapie.